vendredi 1 août 2014

Le route du retour

Nous quittons le pays des citadelles saxonnes, très surpris. On ne trouve nul part ailleurs dans le monde une telle concentration d’églises fortifiées (plus d’une centaine) sur un périmètre si restreint. compris entre Brasov, Sighisoara et Sibiu .

Nous avons choisi notre chemin de retour avec plusieurs éléments en tête,
- la proximité des monts Fagaras et donc une belle rando en perspective,
- emprunter la célèbre et étonnante route « Transfagarasan »
- changer de la route habituelle au Nord que l’on a pris déjà plusieurs fois pour d’autres voyages.

Notre itinéraire suivra donc la voie centrale, la Serbie et sa capitale Belgrade, la Croatie, la Slovénie, les alpes Autrichiennes du Tyrol et la Suisse. Nous ferons notre randonnée un peu avant avant la portion des superbes lacets qui font la célébrité de la Transfagarasan. Par un chemin balisé au départ de la cascade Balea pour atteindre le lac du même nom.

La montée plutôt agréable est de toute beauté même si le lac restera invisible

La végétation nous surprend et nous rappelle la Nouvelle Zélande, hormis les "fougères parasol"

Nous sommes presque seuls sur le chemin, nous croisons des bergers et leurs bêtes, l’âne est très mal en point nous comprenons que sa morsure sur le dos est à mettre sur le compte d’un ours…. Merci pour l’info, nous voilà tranquillisés……je devrais plutôt dire "me" plutôt que nous !
 
Et pour une fois ce n’est pas moi qui prend le temps pour faire de la macro.
Après trois heures de marche le ciel se charge, des nuages couvrent le bas de la montagne et nous rattrapent très vite.
le chemin est super bien balisé encore une colline à passer et peut-être derrière le lac.

Mais des trombes d’eau se déversent sur nous, nous devons faire demi-tour.


et nous redescendons sur le chemin qui se transforme vite en petit ruisseau. Nous sommes trempés jusqu’aux os mais il ne fait pas froid et nos capes de pluie même si elle ne sont plus très étanches depuis un moment comme nos chaussures d’ailleurs nous protègent bien.
On stockera toutes nos affaires mouillées dans le coffre arrière, nous voilà propre et sec pour attaquer l'une des plus belles et plus mythiques route d'Europe : la Transfagarasan. Elle a été l’un des projets fous de l'époque communiste.
Spectaculaire, elle serpente entre les monts Fagaras. Tracé sinueux, virages en épingles à cheveux, ponts, viaducs, cascades à profusion et tunnels… des sensations fortes à plus de 2000 mètres.
La pluie nous accompagne toujours mais elle ne m’arrête pas c’est trop beau! je vous laisse juger.

A Curtea de Arges pratiquement au bout de la route, une visite à l’église princière et au Monastère. Nous ne pourrons pas vous montrer  des photos. Malheureusement lors d’un pique-nique alors que nous pensions être seules à la sortie d’un village, nous avons manqués de vigilance et  ous nous sommes fait voler appareil photo, téléphone d’Alain et de l’argent liquide (une partie seulement).
J’ai l’impression d’avoir perdu une partie de moi-même et d’imaginer quelqu’un avec mon appareil photo entre les mains me rend malade, Nous mettrons un petit moment à nous remettre mais le voyage continue...
Nous quittons la Roumanie par la Porte de Fer, une zone protégée ou le Danube après un gigantesque complexe hydraulique entame une série de virages entre de hauts rochers.

Nous longerons le fleuve mais du côté Serbe lui aussi  aménagé en Parc National.


Des kilomètres de rives sauvages

Ici une sculpture taillée dans la roche représentant l’ancien chef de tribu Dace Decebal, symbole de la résistance aux armées romaines.


Sur notre chemin une rencontre bien sympathique, Ce jeune couple de français avec leur petite fille de trois ans qui partis du jura, pédalent depuis plus de deux mois sur leur tandem/carriole sur le tracé  du vélo-route  ‘Rhin et Danube’.
Nous sommes admiratifs, ce sera là leur dernière étape, ils terminent  ici leur périple car les pistes cyclables sont moins sécurisées et les routes plus dangereuses, ils iront à Istanbul en avion avec le tandem.

La route est magnifique, nous nous arrêtons pour déjeuner avant un tunnel et un amas de vieilles pierres, des ruines certainement.

Notre surprise a été grande quand nous avons constaté que nous étions à l’entrée d’une ancienne forteresse médiévale, celle de Gobulac, on entre dans un autre univers, hors du temps, érigée au 14ème siècle, elle contrôlait l'accès aux Gorges du Danube. Ce lieu stratégique  a été âprement disputé avec les turcs.

Belgrade, Beograde en Serbe

Nous passerons la nuit entre Danube et Forteresse.
D'abord la vue d'ensemble par le tour sur nos deux roues du très grand parc qui abrite la forteresse.

Puis le centre ville et ses rues piétonnes malheureusement sans prendre assez de temps pour s'immerger dans l'ambiance paraît-il sympa des lieux.



Et nous voilà de nouveau sur la route direction Zagreb (Croatie), Ljubljana (Slovénie), Innsbruck (Autriche), le Lac de Constance entre Suisse et Allemagne.

Après cette partie nord de la Suisse densément peuplée on arrive en France par Bâle et on prendra la trace directe vers Paris par les petites routes. Sur notre chemin arrêt à Belfort et sa Citadelle, je vous laisse deviner l'animal représentatif de la ville.

Un orage se préparé et nous quittons vivement la ville, il éclate avant la sortie il est violent mais la pluie joue avec un soleil couchant et en prime derrière nous un magnifique arc en ciel.

Il est temps maintenant de se préoccuper du petit coin tranquille pour la nuit. Nous avions noté un petit village doté d'une étoile sur la carte Michelin, sans approfondir la raison. Lorsque nous traversons ce village nous ne voyons rien de spectaculaire. Comme il est tard nous empruntons une petite route à la pente très raide suivant les indications d'une pancarte qui signale une chapelle que nous pensons être un ancienne bâtisse. Comme c'est en hauteur nous espérons y être tranquille.
Nous sommes surpris d'arriver sur un vaste parking propre et bien aménagé. Nous allons y passer la nuit.


Au matin des voitures arrivent nous ne sommes pas seul car à côté se dresse la chapelle "Notre Dame du Haut", mondialement connue comme une des dernières œuvres du Corbusier, une sorte de testament architectural pour lequel il a magnifiquement assemblé tous ses thèmes favoris en un petit bijou de fraicheur.
 
Nous passons plus de 2 bonnes heures à la visiter, une bonne surprise, et surtout une véritable éducation du regard qui enrichira notre perception d'autres lieux, c'est aussi ce que contient cette chapelle la mémoire de lieux visités. Bonne pioche pour les voyageurs.


Nous en auront pleins les yeux mais aussi plein les oreilles car actuellement le site accueil 10 jeunes prodiges qui viennent répéter dans ce lieu magique, ici sous le campanile imaginé par Jean Prouvé

C'est ici que se termine notre voyage.
Un beau symbole, une sorte de lien à travers les lieux de culture entre un monde moderne et celui plus ancien des églises en bois, des monastères peints, les citadelles saxonnes...
et surtout tous ces gens rencontrés,accueillants, d'un pays mal connu et caricaturé.
Mais n'est-ce pas la raison d'être même du voyage de donner du corps et des couleurs à des images bien pâles qui habiterons comme chez elles un petit coin de notre mémoire .
A la prochaine donc pour d'autres découvertes.

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